C'est la première fois que Stéphane n'aura pas eu le dernier mot...
Ses obsèques seront célébrés jeudi 11 août à 14 heures à l'église de Chatenois les Forges, dans le village de ses parents.
Je pense à lui.
Caroline
Stéphane Laurent, nouvelle tournée d'adieu
Je ne fais pas que dire des conneries, j'en écris beaucoup
aussi.
C'est la première fois que Stéphane n'aura pas eu le dernier mot...
Ses obsèques seront célébrés jeudi 11 août à 14 heures à l'église de Chatenois les Forges, dans le village de ses parents.
Je pense à lui.
Caroline
Bonsoir à tous, je ne devrais pas être là. Puisque ce n'est pas Stéphane qui vous écrit. Mais je le fais quand même. Tant pis...
Je m'appelle Caroline et je suis sa compagne. C'est l'un de ses plus proches amis qui m'a suggéré ce message.
Vous avez certainement eu connaissance, au détour de certains de ses articles, des problèmes de santé de Stéphane.
Samedi, son coeur a décidé de lui faire faux bond et il a fallu lui en adjoindre un, artificiel.
Son état est toujours critique, mais Stéphane est là et bien là. Alors, si certains d'entre vous ont des messages d'amitié ou d'encouragement, ils seront les bienvenus.
Quant à moi, j'attends son retour et celui de sa mauvaise foi.
Principe de la double pensée tel que théorisé par Orwell:
« Winston laissa tomber ses bras et remplit lentement d’air ses poumons. Son esprit s’échappa vers le labyrinthe de la double-pensée. Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité. Persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer. La compréhension même du mot « double pensée » impliquait l’emploi de la double pensée »
— George Orwell, 1984, Première Partie, Chapitre III[1]
Dans 1984, le personnage principal, Winston Smith, est chargé de corriger sans fin les publications antérieures (journaux, revues, périodiques...), afin de les faire coller à la réalité du moment. Ce qui signifie qu'une information peut avoir été, dans les journaux, modifiée plusieurs fois au rythme des besoins du régime de Big Brother. Ainsi, on ne sait plus ce qui était vrai et ce qui ne l'est plus. Autrement dit, le mensonge n'est peut-être pas plus mensonger que l'information retouchée. Modifier une statistique qui affirmait que 52 millions de paires de bottes avaient été produites, au lieu des 43 annoncés précédemment, n'avait aucun sens puisque les 43 millions étaient probalement déjà le produit d'une manipulation des chiffres. Il était même possible qu'aucune botte n'ait jamais été produite.
Après, si vous voulez, lisez Guillaume Musso: on n'y parle ni de bottes, ni surtout de pensée.
Le 10 mai 1981, j'avais onze ans. Je faisais encore du vélo (j'ai arrêté à 15 ans quand je me suis cassé la gueule en passant par-dessus le guidon). Déjà, je pensais aux filles, mais j'avais encore six ans à attendre avant de voir comment c'est fait en vrai. Je crois que c'est à ce moment-là que j'ai lu mon premier roman de Pierre Pelot (pas le 10 mai, hein, mais en 1981). Pelot, il m'a marqué bien plus que Mitterrand. C'est lui qui m'a convaincu qu'on pouvait vraiment s'amuser en écrivant des histoires, tout ça. Le soir du 10 mai, mes parents (qui étaient et sont - pour une raison que j'ignore - toujours de gauche) ont sauté de joie d'un coup - ils m'ont foutu les jetons, les cons - parce que Mitterrand avait été élu. Moi, je trouvais ça sympa parce que j'avais entendu dire que des chars russes devaient défiler sur les Champs-Elysées. Vous savez ce que c'est, quand on est gosse, on aime bien les chars... Bon, y a pas eu de chars et on ne peut pas dire que mes parents aient eu, depuis, beaucoup d'occasions de sauter au plafond pendant une élection. Moi non plus, d'ailleurs. Mais je m'en tape, la vérité, elle n'est pas là. La vérité, elle est dans Pierre Pelot.
Et puis dans 1984 d'Orwell, que je relis tous les ans, et qui m'a guéri, depuis longtemps de la politique, de ses 10 mai 81, de ses 21 avril 2002 et de ses délires sarkozéens.
Aujourd'hui, j'ai 41 ans.
Heureusement, ma femme est plus jeune, plus belle et plus riche que moi.
Y a pas de justice.
"T'as pris des coups quand t'étais petit
Moi j'en ai pas donné beaucoup
Maintenant tu prends surtout du bide
J'en prends aussi, Loulou."
Renaud
Stéphane Laurent, journaliste, rewriter, auteur... bref, mercenaire de la plume.
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